Réforme des institutions : Réactions de parlementaires après l'adoption de la réforme des institutions au Congrès à Versailles avec une voix d'avance seulement

François Hollande : " Le perdant, c'est Nicolas Sarkozy qui avait imaginé une réforme avec une large majorité et qui se trouve aujourd'hui avec une réforme adoptée à une voix en plus du résultat requis. Jack Lang est le seul de sa famille politique à avoir voté la réforme. Il aura une responsabilité et nous avons à la faire valoir."

Ségolène Royal : " Ce n'est pas la victoire de la démocratie, c'est le renforcement du pouvoir monocratique de Nicolas Sarkozy, à coups de pressions indignes sur plusieurs députés. De la monocratie oui, c'est-à-dire du pouvoir d'un seul homme et d'un pouvoir qui est mal exercé. C'est surtout une occasion manquée de faire avancer le pays. Une seule voix a fait la différence : pourra-t-on en connaître le prix ? Les démocrates, eux, en supporteront le coût. Comme disait François Mitterrand, sur le chemin de la trahison, il n'y a que le fleuve de la honte à traverser, sans nommer Jack Lang, celui qui était son conseiller spécial durant la campagne électorale. "A l'avenir, ce type de manquement à la probité politique ne sera plus admis au Parti Socialiste.
Aujourd'hui, il faut rester debout, avoir la capacité de dire non et, en même temps, l'imagination pour proposer des idées. C'est ce que je fais."

Arnaud Montebourg : " Le déséquilibre de cette monocratie qui vient de s'établir à deux voix est pour nous un signe de fragilité de notre pays et un péril important pour les mois à venir. Le combat ne fait que commencer. Nous prendrons à témoin les Français des risques d'abus qui s'installent dans le paysage politique de notre pays."

François Bayrou ( MoDem ) : " Une seule voix de majorité, après tant de marchandages, de menaces, de promesses et de battage, cela prouve en réalité que les parlementaires n'étaient pas convaincus, même lorsqu'ils étaient du bord du gouvernement, par cette réforme. Plusieurs dizaines d'entre eux ont voté oui alors qu'ils pensaient non. Tout le monde voit bien qu'une réforme des institutions ne devrait pas se faire ainsi, tirée par les cheveux et camp contre camp. Une réforme de la constitution devrait rassembler les grands courants démocratiques du pays et tenir compte de leurs attentes."

Bertrand Delanoë : " L'adoption de la réforme des institutions, que Nicolas Sarkozy sera peut-être tenté d'interpréter comme un succès personnel, n'est assurément pas un succès pour la démocratie."

Julien Dray (PS): "Je ne veux pas que le débat ce soir tourne autour de Jack Lang. Malgré les pressions, les débauchages, la réforme ne passe qu'à une voix. Il y a un problème du président et de son autorité."


Réactions des socialistes sur le choix de J.Lang :
" Il y a une rupture qui vient de se produire. Je suis triste pour lui, triste pour tout ce qu'il a fait mais c'est son choix, ce choix de partir sur un chemin tout seul vers d'autres horizons. Quand il se retournera, peut-être qu'il se retrouvera seul ", a déclaré Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée.

" Il a pris une grande responsabilité, c'est à lui de tirer les conclusions de cet affranchissement de la délibération collective, a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande tout en évitant le mot sanction ".

La position de Jack Lang est " gravissime, c'est une trahison de tous nos idéaux ", a jugé pour sa part François Rebsamen, bras droit du premier secrétaire. En 1991, les députés et sénateurs socialistes qui avaient voté contre l'intervention des troupes françaises en Irak avaient été privés de toute expression au nom du PS pendant six mois, a-t-il rappelé.
" Je crois que la sanction la plus efficace ne serait pas l'exclusion, mais l'interdiction de se présenter à nouveau comme candidat au nom du PS ", a expliqué le maire de Dijon.

"Il faut avoir le courage de dire non et on aurait eu besoin de la capacité de résistance de Jack Lang et de tous les démocrates qui pensent qu'aujourd'hui le pouvoir ne va pas dans la bonne direction et que les inégalités se creusent", a déclaré Ségolène.
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# Posté le lundi 21 juillet 2008 18:07
Modifié le mardi 22 juillet 2008 16:20

Elle continue à contrer sarko

Elle continue à contrer sarko
Ségolène Royal a dénoncé le régime de mépris généralisé de N.S., estimant qu'un éventuel rejet du projet de réforme des institutions lundi au Congrès de Versailles serait un échec du pouvoir en place qui a cru pouvoir acheter des parlementaires. Elle a qualifié la méthode de Nicolas Sarkozy de régime du mépris généralisé, qui produit une déchirure institutionnelle, sociale et humaine.
Selon elle, le fait que le président évoque un remplacement de François Fillon en 2009 est un manque de respect et une incroyable désinvolture de la part du chef de l'Etat vis-a-vis de son Premier ministre.

Mme Royal a ironisé sur les propos de Sarko qui a dit " Ségolène Royal est vraiment trop ! Si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer ". Il a dû faire un lapsus, il a dû penser : " elle est vraiment top, si elle n'existait pas elle manquerait beaucoup", a plaisanté Mme Royal ajoutant qu'à ce niveau d'agressivité de la droite, elle fait le choix de l'humour.
Il attendait cette réponse le sarko...Bien joué Ségolène ! Il faut du répondant avec des gars comme ça, et vous êtes la seule capable de le remettre en question tout en proposant vos solutions.

Revenant sur la mise à sac de son domicile, elle s'est dit très étonnée que l'Elysée ait diffusé à la presse de fausses informations. Le procureur de la République doit rester le seul habilité à communiquer sur ce sujet, a-t-elle prévenu.

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# Posté le samedi 19 juillet 2008 20:05
Modifié le samedi 19 juillet 2008 20:24

Sur France Inter,15 juillet 2008

Projet de loi sur le service minimum à l'école :
Objectif de la droite : imposer aux communes l'organisation d'un service d'accueil pour les élèves quand les enseignants sont en grève.
S.R : beaucoup de communes le font déjà. Ici, à La Rochelle on ne laisse jamais les parents sans solution d'accueil. Première observation : lorsque l'on mène une réforme dans un pays, il faut la faire avec respect et en prenant en considération ce qui a déjà été fait. Deuxième chose, c'est qu'il faut que l'État compense les dépenses par un transfert de ressources, des obligations nouvelles. Mais il y a beaucoup de choses qui sont prévues par la loi et qui en fait ne sont pas appliquées. Savez-vous qu'actuellement en France ¾ des lois ne sont pas appliquées, faute des moyens financiers d'accompagnement ?

Examen du texte sur la réforme des institutions :
S.R :Je trouve que nous avons une sorte de dérive des institutions, une mainmise du pouvoir en place sur les médias. On vient de le voir avec les intentions du chef de l'État par exemple de nommer le responsable du service public de l'audiovisuel, France 2, France 3, France Inter ; d'ailleurs c'est une intention qui est massivement dénoncée par les Français dans les enquêtes d'opinion. On voit aussi que le transfert de ressources financières de la publicité du service public vers le secteur privé consiste finalement pour Nicolas SARKOZY à servir financièrement ses amis, sans contrepartie très claire en terme de ressources pour le service public. Donc il y a aujourd'hui une grande inquiétude sur l'indépendance des médias et puis il y a la question du temps de parole équilibré bien évidemment. Je crois que ce problème doit être résolu.

Est-ce que ce serait un geste significatif qui pourrait faire évoluer la position des socialistes ?
S.R : Je pense que ce serait un geste non seulement significatif mais absolument indispensable. La France est le seul pays où le chef de l'État qui représente une sensibilité politique ne voit pas son temps de parole décompté. Vous savez, la démocratie ce sont des principes simples. Moitié – moitié, majorité – opposition pour que les Français puissent bénéficier d'un débat démocratique qui leur permette d'éclairer la situation et de se faire un jugement sur les réformes pour pouvoir évaluer si elles sont bonnes ou si elles ne sont pas bonnes, que l'on puisse échapper à une forme de propagande gouvernementale. Mais il y a d'autres intentions très inquiétantes dans la réforme des institutions : c'est le redécoupage des circonscriptions électorales et c'est l'absence de réforme du mode de scrutin du Sénat. Là aussi dans une République digne de ce nom, la réforme des modes de scrutin doit permettre une alternance politique à l'Assemblée nationale et au Sénat et échapper surtout aux redécoupages qui vont permettre au pouvoir en place de se maintenir quelles que soient les variations électorales sur le territoire et beaucoup de parlementaires sont très inquiets puisque les choses se passent en catimini.

Ségolène ROYAL

Je pense surtout qu'il y a une telle accumulation de décisions injustes que les Français aujourd'hui sont dans une sorte de fatalisme. Quand j'entendais récemment le président de la République dire ou se féliciter que l'on n'entend plus les grévistes, je crois que cela prouve qu'il vit dans un autre monde. Vous savez, s'il y a beaucoup moins de grèves aujourd'hui, c'est parce que le pouvoir d'achat a tellement baissé, la hausse du coût de l'énergie pèse tellement sur la vie quotidienne des familles que les salariés ne peuvent plus se permettre de perdre une journée de travail donc une journée de salaire. Ils ne peuvent plus se permettre de se déplacer massivement dans les manifestations parce que l'essence coûte cher, le train coûte cher.

Ségolène ROYAL

Mais Nicolas SARKOZY incarne le pouvoir, donc le rôle de l'opposition c'est de combattre et c'est de proposer. Et aujourd'hui ce que pensent les Français, c'est que la France a besoin de réformes – et je le dis ici très clairement : nous avons besoin de réformes mais de réformes justes, de réformes cohérentes, de réformes qui donnent un sens à une vision de la France. Or aujourd'hui nous avons une accumulation désordonnée de décisions qui ne constituent pas une politique cohérente. D'ailleurs les Français condamnent massivement les réformes ; ils condamnent la réforme des retraites qui ne débouche sur rien, qui réduit les droits des salariés et qui augmente l'inquiétude profonde des Français à l'égard de l'avenir alors que des solutions sont possibles. J'en fais d'ailleurs dans le livre que vous avez cité tout à l'heure, Si la gauche veut des idées, pour proposer une réforme des retraites telle qu'elle a été faite dans les pays du Nord de l'Europe, c'est-à-dire une clarification pour chacun des droits individuels à la retraite par un système par points qui permettrait à chaque Français de savoir à tout moment quels sont les droits à retraite qu'il a accumulés et donc sur quelle perspective il s'oriente. Il faudrait aussi prendre en considération la pénibilité du travail pour donner davantage de droits à la retraite à ceux qui ont une durée de vie inférieure. Il faudrait aussi lutter contre le chômage des jeunes et des seniors, ce qui permettrait de faire rentrer davantage de cotisations retraite et donc de garantir ce droit fondamental pour tous. Vous savez, moi je rencontre énormément de retraités très inquiets, d'abord parce que pendant la campagne présidentielle Nicolas SARKOZY leur avait promis une hausse immédiate de 25 % des petites retraites et puis une fois élu, il leur a dit : « Mais finalement les caisses sont vides ». Donc ils ont le sentiment d'avoir été trompés et aujourd'hui beaucoup de personnes âgées qui ont travaillé toute leur vie ont des retraites très basses, c'est-à-dire il y a beaucoup de pauvreté avec des personnes qui ne font qu'un repas par jour, avec des personnes âgées qui n'ont pas pu remplir leur cuve de fioul avant l'hiver et sur cette question-là aussi, je trouve le gouvernement particulièrement inerte. Je fais également des propositions sur cette question. Vous savez, il suffirait de reprendre la moitié des super profits de TOTAL, 7,5 milliards, pour les transformer en chèques de 300 euros qui pourraient être donnés aux familles et aux personnes âgées pour qu'elles puissent remplir leur cuve de fioul ou acheter leur énergie pour cet hiver.




# Posté le mardi 15 juillet 2008 20:43
Modifié le mardi 15 juillet 2008 21:12

CALI aux Folies Bergère

6 Mai 2007 on est montés à bord de ce grand bateau noir
On regardait hagards, ils sont fous, on pleurait de chagrin
Alors que des pétards explosaient dans les rues
Leur fête insupportable et puis leurs feux de joie
Nous partions têtes basses digérer notre nuit,
Vomir notre dégoût

Et déja de partout bien rangés courraient les policiers
Leur petit chef debout au balcon de la honte
Et le peuple à sa botte
Lui remettait les clés, la mémoire est bien courte
Notre France est aux fers
Tous les Denis Robert n'ont qu'à bien se tenir,
N'ont qu'à bien se tenir

Il pouvait maintenant à sa guise égorger la liberté
La main-mise sur tout, le grand marionnettiste
Des journaux, des télés
En regardant le port s'éloigner dans le noir
J'ai serré fort mon fils, si triste de me voir si triste
Mais dans mes yeux je sais il a bien lu mon coeur

Résistance, résistance, résistance

Tout autour tout ces feux tous ces points de lumière
Ces milliers de bateaux
Je connais ce signal c'est celui de nos frères
Hissons haut le drapeau
Main dans la main nous allons revenir
L'heure n'est plus aux pleurs il faut organiser le venir
Et dans ces heures sombres repense à Charletty,
Repense à la lumière
A tous ces coeurs lancés ce murmure qui gronde,
Ne s'arrêtera plus
Dans ce nouveau maquis ne pas suivre à genoux
Ne jamais se soumettre et toujours résister droit debout,
Droit debout

Résistance, résistance, résistance
Résistance, résistance, résistance

Tu peux pleurer mon fils, oui mais pleurer pleurer de fierté
Nous allons revenir bien plus forts,
Bien plus forts que jamais
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# Posté le dimanche 13 juillet 2008 13:16

Ségolène Royal invitée de RTL, le 10 juillet

Je suis tout à fait d'accord avec l'analyse et les propos avancés par Ségolène.
Et je suis convaincue que la droite y est pour beaucoup dans cette affaire. Si les membres de l'UMP ne se sentaient pas coupable, je pense qu'ils réagiraient d'une autre manière que d'insulter notre chère amie. Ils seraient aussi outrés et choqués que nous, d'assister à la mise à sac du domicile de la principale opposante à la majorité.
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# Posté le jeudi 10 juillet 2008 09:15
Modifié le jeudi 10 juillet 2008 18:49